Les villages d'enfants SOS dans le monde face au covid-19 - SOS Villages d'Enfants

Les villages d’enfants SOS dans le monde face au covid-19

Retrouvez ici les dernières nouvelles des villages d’enfants SOS dans le monde face au covid-19 !

 

La propagation alarmante du virus COVID-19 a conduit SOS Villages d’Enfants à prendre des mesures pour garantir la santé et la sécurité des quelque 70 000 enfants et jeunes qui sont pris en charge ou accompagnés au sein de ses programmes, ainsi que des 39 000 membres de notre personnel dans le monde entier.

 

SOS Villages d’Enfants, qui est présente dans 136 pays et territoires, prodigue des conseils mondiaux et régionaux sur le virus à ses associations membres, en se fondant sur les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le personnel local suit également les recommandations des autorités sanitaires nationales afin de définir les mesures de protection des enfants et du personnel les mieux adaptées à leur contexte local.

 

Par précaution, les enfants et le personnel de certains pays à haut risque sont confinés au sein du village d’enfants SOS, et les visites de personnes extérieures sont limitées. Dans tous les pays, le personnel a été invité à élaborer et à mettre en place des plans de préparation aux situations d’urgence pour ses programmes et structures.

 

Samedi 2 Mai – GHANA

Un père et ses filles face au coronavirus

 

Pendant plusieurs mois avant l’apparition du coronavirus, Nyaaba ne s’est pas préoccupé de l’avenir de ses deux plus jeunes filles. Elles allaient à l’école régulièrement, bien habillées dans un uniforme scolaire soigné et avec toutes leurs fournitures scolaires fournies.

 

Marikah, 15 ans, et Serwa, 12 ans, allaient même à l’école à vélo, ce qui avait permis de réduire considérablement le temps qu’elles mettaient auparavant à parcourir les 8 kilomètres à pied. Le soutien du Programme de Renforcement des Familles de SOS Villages d’Enfants a permis de réduire leurs frais d’éducation et leur père, âgé, peut ainsi se concentrer sur leur alimentation.

 

Nyaaba, 66 ans, subvient aux besoins de ses enfants avec le riz et le maïs qu’il plante sur sa ferme dans la campagne ghanéenne où la famille s’est installée. Sa femme est morte il y a sept ans, alors que Serwa avait quatre ans. Nyaaba a dû s’occuper d’elle seul à partir de cet âge.

 

« Je suis un vieil homme qui s’efforce d’élever ses deux filles et maintenant le coronavirus est venu me donner une autre raison de m’inquiéter », dit Nyaaba. « À cause de ce mauvais virus, je ne suis pas en mesure de m’engager dans une activité significative ces jours-ci. Les agriculteurs commerciaux qui achetaient des surplus de nourriture à de petits exploitants comme moi ne viennent plus. Le revenu familial a donc diminué et cela me pousse à subvenir autrement aux besoins de la famille », dit-il.

 

Nyaaba a récemment récolté du riz qui doit être transformé mais il ne peut pas se rendre à Kumasi en raison du confinement. Il a perdu des revenus qui, espérait-il, permettraient de subvenir aux besoins de la famille pendant la crise.

« Je ne peux pas vendre le riz dans cette période de crise sanitaire », dit Nyaaba. « Je prie pour que les problèmes liés au virus disparaissent afin que je puisse traiter mon riz ».

 

Marikah, la fille aînée, pense davantage à l’école. Elle avait commencé son premier trimestre de septième année lorsque les écoles ont fermé au Ghana pour protéger les enfants du virus. « Je déteste être à la maison et ne pas aller à l’école », dit Marikah. « Je m’inquiète de ne pas pouvoir regarder les programmes scolaires à la télévision et les autres cours en ligne qui se déroulent actuellement parce que nous n’avons ni télévision ni ordinateur. Comment vais-je pouvoir rattraper mes camarades qui ont accès à ces éléments ?J’ai l’impression que ma vie est au point mort »

 

Vendredi 1 Mai – PEROU

 

La violence domestique : une menace permanente au Pérou

 

Le taux alarmant de violences domestique au Pérou en fait l’une des raisons pour lesquelles les enfants sont séparés de leur famille dans le pays. A SOS Villages d’Enfants Pérou, l’on s’efforce de maintenir les familles unies grâce à des programmes conçus pour s’attaquer aux causes profondes de la violence.

 

Dans une société où les rôles des hommes et des femmes sont profondément intériorisés et qui reproduit des relations de pouvoir inégales entre les hommes et les femmes, la violence est souvent tolérée et même justifiée dans les foyers. L’année dernière, plus de 200 000 cas de violences domestiques ont été signalés dans le pays, soit l’un des taux les plus élevés d’Amérique latine. En outre, selon le ministère des femmes et des populations vulnérables, environ 70 % des enfants placés dans le système de protection de remplacement avaient été victimes de violence physique, sexuelle ou psychologique chez eux.

 

« Dans la plupart des cas, les femmes ont vu la violence chez elles et cela leur semble normal, ce qui entraîne la soumission, l’incapacité d’agir, une faible estime de soi et un manque de conscience de ce qui se passe », explique Stephany Orihuela, spécialiste de la protection de l’enfance et psychologue à SOS Villages d’Enfants Pérou. « Cela a de graves conséquences sur le comportement des enfants, comme des problèmes émotionnels, de faibles résultats scolaires et la normalisation de la violence ».

 

Le niveau de violence n’a fait qu’augmenter car les familles sont contraintes de rester à la maison en raison de la pandémie de coronavirus. Dans les premiers jours du confinement, près de 4 000 appels ont été reçus par la ligne d’assistance téléphonique nationale pour la violence domestique.

 

« L’incertitude et le stress sur le plan économique peuvent conduire à un clash violent et les limites imposées obligent les familles à coexister dans la violence, ce qui peut causer des dommages irréparables chez les victimes », déclare Mme Orihuela.

 

Une approche holistique

 

En coopération avec les chefs de communautés, SOS Villages d’Enfants Pérou promeut ce qu’il appelle des « communautés protectrices » où les gens sont formés pour identifier les cas de violences domestiques dans leur quartier et informer l’équipe de SOS Villages d’Enfants.

 

« Si la vie ou l’intégrité d’une personne est en danger, le conseiller familial de SOS Villages d’Enfants Pérou déposera le rapport de police avec le responsable de la communauté », explique Paola Oliviera, spécialiste du Programme de Renforcement de la Famille. « Sinon, l’équipe de SOS Villages d’Enfants travaillera en collaboration avec les institutions gouvernementales pour soutenir la famille ».

Vendredi 1 Mai – PALESTINE

Le divorce s’accompagne de la stigmatisation des femmes de sa communauté palestinienne et peut même constituer un obstacle à la recherche d’un emploi.

 

Mais l’ancien mari de Nadera n’a pas assumé la responsabilité des enfants en tant que parent ou soutien de famille. Pour le bien de ses enfants, elle a senti qu’elle devait prendre le contrôle. Cependant, sans emploi ni éducation formelle, elle s’est battue.

 

 

Jeudi 30 avril – COLOMBIE

Jerliz est devenue mère à 19 ans et depuis lors, elle souhaite devenir le meilleur d’elle-même pour le bien de son enfant. SOS Villages d’enfants Colombie l’a aidée à améliorer ses compétences professionnelles grâce à une formation, tout en l’aidant à élever l’enfant, renforçant ainsi ses capacités parentales.

 

 

Jeudi 30 avril

L’université de Brown et SOS Villages d’Enfants : une recherche mondiale sur les facteurs de séparation entre les enfants et leur famille

 

De nombreux facteurs conduisent les enfants à être séparés de leur famille. Malheureusement, il existe peu de données qui donnent une vision globale des raisons de cette situation. SOS Villages d’Enfants International, à la recherche de preuves pour éclairer les politiques et les pratiques, s’est tourné vers les chercheurs de l’Université de Brown à Providence, Rhode Island, pour mener ce que l’on pense être la toute première analyse documentaire mondiale sur les raisons de la séparation entre les enfants et leur famille. La recherche est dirigée par Susan E. Short, professeur de sociologie et directrice du Centre d’études et de formation sur la population de l’université de Brown. Elle indique qu’ils sont à mi-chemin et qu’ils publieront leurs conclusions dans un article révisé par des pairs.

 

Comment est née l’idée de cette recherche ?

 

Prof. Short : « L’année dernière, mes collègues et moi-même, à Brown, avons eu une conversation avec l’équipe de recherche de SOS Villages d’Enfants International. Nous avons évoqué toutes les raisons pour lesquelles les enfants sont séparés de leur famille. Nous nous sommes rendu compte qu’il existait de nombreuses études sur des populations d’enfants spécifiques mais qu’il y avait peu de recherches ayant une vision globale sur cette question. L’équipe de recherche de SOS Villages d’Enfants a pensé que ces informations pourraient être utiles pour eux et notre équipe à Brown a estimé que ces informations seraient également utiles aux chercheurs qui travaillent dans ce domaine ».

 

Pouvez-vous nous expliquer l’objectif de cette recherche ?

 

Prof. Short : « Je travaille avec des collègues de Brown, dont un groupe d’étudiants exceptionnels, pour examiner la littérature scientifique sur les raisons de la séparation. Jusqu’à présent, nous avons rassemblé environ 1000 articles de recherche qui ont été écrits sur la séparation entre les enfants et leur famille. Notre objectif est de passer en revue tous ces articles, afin de déterminer pour chacun d’entre eux la raison de la séparation, ainsi que d’autres éléments. Nous prévoyons d’écrire ensuite un article de recherche. Nous résumerons les raisons de la séparation et nous décrirons également comment ces raisons varient d’un endroit à l’autre, ainsi que d’autres facteurs ».

 

Comment pensez-vous que cette recherche sera utilisée à l’avenir ?

 

Prof. Short : « Les raisons de la séparation des enfants sont importantes pour concevoir les efforts visant à soutenir les familles dans le besoin. Les expériences et les besoins des enfants varient. Nous espérons que les résultats de l’étude fourniront des informations utiles aux organisations travaillant avec les familles, ainsi qu’aux chercheurs.

 

Nous espérons également que ces recherches permettront d’attirer davantage l’attention sur les enfants vulnérables et menacés de séparation. Des millions d’enfants sont séparés de leurs familles dans le monde entier et nous ne savons pas combien, ni même ce qu’il en est en tant que groupe car nous ne recueillons pas de données systématiques. Avec cette étude, nous rassemblons les recherches existantes afin que d’autres puissent les utiliser. C’est un début et nous devons faire plus ».

 

Qu’attendez-vous de la revue de la littérature ?

 

Prof. Short : « Les enfants sont vulnérables partout. Les raisons de la séparation sont différentes dans les différentes parties du monde. Elles dépendent du contexte local. Notre revue mettra en évidence cette variable.

 

Nous espérons également que cette étude mettra en évidence non seulement ce que nous savons mais aussi, et surtout, ce que nous ne savons pas. Il va mettre en évidence les lacunes. Cela nous aidera à voir les questions que nous ne posons pas et nous indiquer de nouvelles directions ».

Mercredi 29 avril – FLORIDABLANCA

Beatriz, étudiante et collaboratrice

 

Je m’appelle Beatriz, j’ai 23 ans et je vis au village d’enfants SOS de Floridablanca, en Colombie.

 

Le pays est bouclé depuis le mois dernier. Au début, c’était difficile car nous sommes sept personnes dans la maison. J’étais stressée mais heureusement, nous avons un beau jardin dans le village d’enfants SOS où je peux m’asseoir et respirer. Un garçon qui vit avec nous étudie l’éducation physique à l’université et il organise des séances d’entraînement tous les jours dans l’espace commun du village, cela m’aide beaucoup. Et à la maison, pendant nos temps libres, nous cuisinons ensemble, nous jouons à des jeux de société et nous regardons des films mais nous avons tous des moments où nous voulons être seuls. Je dois être patiente et ne pas désespérer, cela concerne tout le monde.

 

J’étudie l’enseignement initial à l’université et je termine en septembre prochain, le professeur nous envoie chaque semaine des devoirs avec des dates limites. Je suis également volontaire dans le cadre du programme d’intervention d’urgence, où j’organise des jeux pour les migrants vénézuéliens dans le refuge temporaire mais celui-ci est fermé en raison de la quarantaine. Récemment, j’ai commencé un stage à temps partiel en tant qu’aide-enseignante dans la garderie de SOS Villages d’Enfants pour les enfants vénézuéliens vivant dans la ville. Maintenant, avec la fermeture, je dois appeler 14 familles deux fois par semaine, pour les tenir au courant et leur proposer des activités pour les enfants.

 

Je m’inquiète pour les autres, pas pour moi. Je vais bien, c’est ma maison, je me sens en sécurité. J’ai tout et je ne peux pas me plaindre. Mais je m’inquiète pour les autres, la plupart de ces familles font des paris quotidiens, elles sont dans une impasse économique complète, je m’inquiète pour elles et de la façon dont cela affecte les enfants qui travaillent chaque jour.

Mardi 28 avril – COTE D’IVOIRE

Aminata, 17 ans, transportait de lourds sacs pour les clients du marché afin de soutenir les revenus de sa famille. Avec des partenaires communautaires, SOS Villages d’Enfants Côte d’Ivoire lui a permis d’apprendre un métier. Mais comme les ateliers de couture où elle travaille maintenant ont moins de clients à cause du coronavirus, Aminata doit lutter contre les effets économiques. Écoutez ce qu’elle a à dire.

 

Mardi 28 avril – MONGOLIE

Une famille souffre du confinement en Mongolie

 

En Mongolie, les hivers sont rudes si vous êtes pauvre. Si le froid ne rend pas malade, l’asphyxie due à la combustion du charbon peut le faire. Si vous êtes l’aîné d’une famille monoparentale et que vous vivez dans un bidonville, la vie peut être plus dure que d’habitude pendant une pandémie mondiale comme celle du coronavirus.

 

Arban, huit ans, a deux frères et sœurs et une mère célibataire qui est toujours au travail. Avant l’épidémie de coronavirus, la mère d’Arban travaillait comme couturière dans un atelier. Comme beaucoup d’autres, son travail s’est réduit de moitié après l’annonce du confinement. La mère d’Arban travaillait toujours de longues heures et occupait des emplois mal payés pour mettre de la nourriture sur la table, mais c’était à elle de materner ses jeunes frères et sœurs dès leur plus jeune âge. N’étant elle-même qu’une enfant, Arban était toujours épuisée et trouvait peu de temps et d’énergie pour ses études.

 

Lorsque sa mère a découvert le Programme de Renforcement de la Famille de SOS Villages d’Enfants pour les familles en difficulté, Arban a ressenti une étincelle d’espoir. Le Programme a aidé la mère d’Arban à trouver un emploi mieux rémunéré, Arban a reçu des fournitures scolaires et a pu payer ses frais de scolarité pendant que ses frères et sœurs étaient pris en charge dans un jardin d’enfants.

 

Une lutte pour survivre

 

Les améliorations apportées à la vie de la famille Arban ont cependant été de courte durée car la pandémie mondiale a frappé Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie. En plus de faire de nombreuses victimes, le virus a rendu les lieux de refuge des communautés comme les écoles, les jardins d’enfants et les centres de formation dangereux pour les personnes dont la survie en dépendait. Arban essaie de garder une trace de ses cours en les regardant à la télévision mais elle doit lutter.*

 

« Les leçons sont diffusées à la télévision mais notre poste est vieux et petit, donc je ne peux pas voir certaines des choses que le professeur écrit », dit Arban.

 

Bien que certaines leçons et certains devoirs soient imprimés sur papier et enseignés en ligne par un enseignant de SOS Villages d’Enfants pour les enfants vulnérables comme Arban, elle dit qu’il est encore difficile de rendre les devoirs à l’enseignant de la classe à temps car elle n’a pas d’ordinateur ni de smartphone.

Lundi 27 avril – ZAMBIE

La pandémie a bouleversé la vie des enfants. Ils ont besoin de soins, de protection et de soutien pour traverser ces moments difficiles et devraient toujours avoir la possibilité d’exprimer leurs sentiments. Écoutez ce que Palo de SOS Villages d’enfants Zambie a à dire.

 

 

Jeudi 23 avril – SOMALIE

« Mon pays sera mis au défi de lutter contre COVID-19 »

 

Farhio Saney est médecin à l’hôpital SOS de Mogadiscio, en Somalie. Elle affirme que son hôpital n’a pas d’autre choix que de produire des masques, car le prix d’un paquet de masques est passé de 2 à 50 dollars.

 

« En grandissant, j’ai toujours souhaité devenir médecin. Il n’y avait pas assez d’hôpitaux en Somalie quand j’étais jeune. C’était bien pire à l’époque à cause des guerres, des sécheresses et des maladies.

 

Certains hôpitaux ne sont toujours pas équipés de services de maternité de base et le taux de mortalité des mères en Somalie est très élevé. Je suis responsable du service de maternité de l’hôpital de SOS Villages d’enfants en Somalie, où nous offrons des analyses de laboratoire médical et des accouchements par césarienne gratuits aux femmes dans le besoin. Je suis très heureuse de servir ma communauté en tant que médecin.

 

En tant que médecins, nous continuons à offrir nos services à l’hôpital pour mères et enfants, même avec le COVID-19. En tant que nation, nous sommes confrontés à de nombreux défis. La Somalie fait partie des pays qui n’ont pas de kits de dépistage. Nous envoyons donc des échantillons de test pour le coronavirus aux pays voisins et nous recevons les résultats après un certain nombre de jours.

 

Dans notre hôpital, nous avons conçu des masques faciaux pour nos agents de santé, ce qui contribuera à la prévention. Nous avons un membre du personnel qui est chargé de coudre les masques faciaux. Nous utilisons un petit morceau de tissu blanc pour les fabriquer et nous espérons que cela nous aidera à nous approvisionner durablement. Nous avons jusqu’à présent produit 100 pièces et donné 25 échantillons au ministère de la santé, mais nous savons que cela ne nous protégera pas complètement du virus.

 

La plupart des hôpitaux en Somalie ne sont pas bien développés et manquent de la plupart des équipements. Le standard des soins intensifs n’est pas bon et les ventilateurs sont insuffisants. C’est donc un grand défi pour nous de traiter toute mère ou tout enfant qui pourrait entrer avec le virus au cas où il développerait de graves complications. Nous avons préparé une salle, que nous utilisons pour vérifier les signes vitaux des patients et leur montrer les procédures de lavage des mains avant de les envoyer dans d’autres services pour consultation et aiguillage vers des consultations externes.

 

J’espère vraiment que ce virus disparaîtra bientôt, parce que cela m’inquiète chaque fois que je regarde les nouvelles sur les autres pays et les moments difficiles qu’ils traversent. Je sais que mon pays aura beaucoup de mal à lutter contre le COVID-19« .

Jeudi 23 avril – KENYA

Nekesa a dû élever seule son frère alors qu’elle était encore une enfant, suite au décès de ses parents. Elle a été privée de sa propre enfance, car elle a assumé le rôle d’adulte pour maintenir la famille unie. La pression du Covid-19 sur la famille a laissé à Nekesa un sentiment de surcharge, mais elle doit rester forte pour son frère.

 

« J’ai 20 ans et je vis avec mon frère cadet Lusala qui a 17 ans.  Nous vivons seuls. Je m’occupe de lui parce que je suis plus âgée que lui. Ma sœur aînée s’est occupée de nous quand notre mère est morte en 2015, mais elle est mariée maintenant et a une autre famille.

 

Mon frère et moi sommes proches. Il m’écoute et j’aime ça. Nous formons une bonne équipe et nous nous soutenons. Lusala en est à sa dernière année de lycée et je suis en première. Il m’a dépassé lorsque j’ai redoublé une classe après quelques mois d’absence de l’école pour prendre soin de notre mère malade.

 

Avant l’apparition du coronavirus, nous déjeunions à l’école, puis le week-end, le samedi, nous travaillions dans les fermes des gens et gagnions de l’argent pour acheter des produits alimentaires qui nous aidaient à survivre la semaine comme de la farine de maïs, des légumes et du kérosène à utiliser le soir sur notre petite lampe« .

Jeudi 23 avril – BURUNDI

Des enfants et des jeunes du Burundi partagent leurs réflexions sur le coronavirus.

 

 

Jeudi 23 avril – VENEZUELA

                                            

Une famille vénézuélienne à Quito pendant la période du coronavirus

 

« Je m’appelle Dayana, j’ai 32 ans et je viens du Venezuela. Ma famille et moi avons déménagé à Quito, en Équateur, en 2018.

 

Au début, je pensais que tout cela allait se terminer rapidement, mais je vois maintenant que cela va prendre du temps. J’ai l’habitude de sortir car je vends des plats préparés aux voisins ou je travaille chez la manucure, donc c’est frustrant de voir que je ne peux pas ramener d’argent à la maison. Heureusement, mon mari, Wilmer, travaille dans la vente et la livraison de gaz, donc même si nous sommes en confinement, il part travailler de 8 heures à 16 heures. Je deviens nerveuse. Je préférerais qu’il reste à la maison parce qu’il est exposé, mais nous avons besoin de l’argent pour manger. Nos enfants, Saul (9 ans) et Nina (2 ans), l’attendent tous les jours, portant un masque et des gants, avec de l’eau et du savon pour qu’il soit désinfecté avant d’entrer dans la maison.

 

 Au début, mon fils Saul regardait les nouvelles et répétait les chiffres des infections et des décès de la journée. Nous avons remarqué que cela l’affectait, alors nous avons éteint la télévision. Nous l’aidons à rester positif et occupé. Nous jouons et mettons de la musique. Il comprend que nous devons rester à la maison pour être en sécurité, mais je remarque toujours que lui et sa sœur s’ennuient et sont dépassés par le fait qu’ils ne peuvent pas sortir.

 

Saul adore aller à l’école. Il est censé suivre des cours en ligne, mais nous n’avons ni Internet ni ordinateur, alors il fait ses devoirs par le biais de WhatsApp et utilise mon téléphone pour faire des recherches. Mais cela ne suffit pas. Saul est un élève brillant et j’ai l’impression qu’il prend du retard parce que nous n’avons pas les outils nécessaires.

 

Il est effrayant de voir le nombre de morts à Guayaquil et dans le monde. J’ai peur qu’il nous atteigne. J’entends aussi dire que mes amis vénézuéliens qui vivent avec un salaire journalier ne peuvent pas payer leur loyer ni manger. Il est dévastateur que des étrangers comme nous soient comme un vide dans le système parce que les gouvernements n’aident que les locaux.

 

Pour l’instant, je ne peux que me réjouir que mon mari ait ce travail et que nous soyons tous en sécurité. Nous devons être patients et espérer que tout cela s’arrangera ».

 

Mercredi 22 avril – BENGLADESH

 

En Bengladesh, Ashibur Rahman, de SOS Jeunesse de Dhaka, essaie de faire face au changement soudain de sa vie et de ses conditions de vie et prie pour que sa vie revienne à la normale au milieu du confinement du Covid-19.

 

« Je suis un garçon de la maison SOS Jeunesse de Khulna et je vis dans une pension de famille à Dhaka. Je suis en train d’étudier une licence en ingénierie textile à l’Université internationale de la jonquille. Juste après l’achèvement de mon examen de fin d’études de deuxième année. Le COVID-19 a commencé à se répandre dans différentes parties du monde et mon université a été fermée. Notre pension de famille a dû être évacuée à bref délai. Contre mon gré, j’ai dû retourner à la maison SOS Jeunesse de Khulna pour me mettre à l’abri du coronavirus. Nous sommes en quarantaine à la maison depuis plus de 20 jours maintenant.

 

Au début, j’étais stressé en pensant à mes études et à mon logement. L’université a déclaré que nos cours se dérouleront en ligne pour le moment. Pendant les premiers jours, il était difficile de faire face aux cours en ligne. Mais avec un peu de contrainte, j’ai pu utiliser les cours en ligne. La plupart du temps, je reste dans ma chambre et je suis les cours en ligne et je participe à la discussion avec mes professeurs et mes camarades de classe. Lentement, la situation se normalise.

 

Pendant ma pause, j’essaie de faire des exercices physiques légers et de jouer au cricket sur terrain court avec d’autres garçons dans la cour de récréation de notre campus SOS Youth House Khulna. J’espère que ce COVID-19 sera bientôt éradiqué et que nous pourrons tous retourner à notre vie normale bientôt. Pour l’instant, je ne peux que prier ».

 

Mercredi 22 avril – ETHIOPIE

 

 » Je prie pour que tout cela soit bientôt terminé »

 

Abeba Seyoum vit avec une de ses filles  et sa petite-fille, Meron, à Harar, en Éthiopie. La famille a bénéficié du soutien du programme de renforcement de la famille de SOS Villages d’Enfants, qui a permis à Abeba de créer son entreprise et de pouvoir subvenir aux besoins de Meron, actuellement en CE1. Mais le Covid-19 a causé un revers pour la famille. Elles parlent de leurs luttes et de leurs craintes dans la crise du coronavirus.

 

« Mes enfants sont maintenant à la maison car les écoles sont fermées à cause du coronavirus. Les maigres revenus que je tirais auparavant du petit commerce que j’avais couvrent à peine les besoins de base de la famille maintenant.

 

Je vendais des articles comme du sucre, des feuilles de thé et des épices utilisées pour la cuisine. Cette pandémie nous coûte très cher. Nous sommes confrontés à des temps difficiles et nous ne voyons pas la fin venir de sitôt. En raison de la restriction des déplacements dans la ville, je ne peux plus aller au marché pour vendre mes articles. Je ne fais plus le peu de profit que j’avais l’habitude de faire… Nous nous battons !

 

Les médias et les travailleurs communautaires nous disent tous les jours de nous protéger, ainsi que nos familles, contre le virus. Nous utilisons autant que possible de l’eau et du savon pour nous laver les mains. Nous avons du savon et du désinfectant à la maison, mais nous ne pouvons pas nous permettre d’acheter des équipements de protection comme des masques et des gants. Je fais tout ce que je peux pour nourrir ma famille, il m’est impossible de pouvoir fournir en plus des protections à tout le monde. Je prie pour que tout cela soit bientôt terminé « .

 

Quant à Meron, elle déclare :

 

« Je suis inquiète de la situation que cette maladie provoque. Je ne peux plus jouer avec mes amis comme avant. Je me sens comme une prisonnière à la maison. C’est extrêmement difficile pour notre famille. J’aide à la maison en nettoyant, en allant chercher de l’eau et d’autres choses dont ma grand-mère a besoin. Je suppose que je me protège et protège les autres du coronavirus en respectant mon hygiène et en restant à la maison, mais je pense toujours à la réouverture de l’école. Je pense à mes camarades de classe. Je m’inquiète aussi de la façon dont nous nous en sortirons si cette situation perdure, car je sais que ma grand-mère ne pourra pas subvenir à nos besoins. J’entends parler de personnes qui meurent dans le monde entier à cause de la pandémie et cela m’effraie beaucoup. J’ai cependant bon espoir que tout cela se terminera bientôt et que les choses reviennent à la normale. J’espère vraiment que nous reprendrons bientôt l’école« .

Mercredi 22 avril – SOMALIE

Somalie : l’inquiétude grandit

 

 

Fatma Ali Jama, porte-parole de SOS Villages d’Enfants Somalie, envoie des dépêches quotidiennes sur la vie en Somalie dans le contexte de la crise du coronavirus :

 

Lundi 13 avril : « J’ai l’impression que la situation devient incontrôlable et cela m’effraie tellement que je ne veux pas imaginer comment sera la vie en Somalie. Le nombre total de cas COVID-19 dans notre pays est de 25, avec deux décès à ce jour. J’ai parlé à l’un de mes amis qui est médecin dans l’un des hôpitaux de quarantaine de Mogadiscio. A ma grande surprise, il ne se sentait pas bien car il toussait en me parlant au téléphone. La direction de l’hôpital lui a conseillé de s’isoler dans une chambre. Il ne se sent pas bien depuis cinq jours. Je lui ai demandé ce qui lui faisait penser qu’il avait le COVID-19. Il a simplement répondu : « traiter des patients sans équipement de protection ». Il est très inquiet car il ne peut pas fournir de respirateurs aux patients. Ils ne sont même pas disponibles dans les hôpitaux publics. L’un de ses patients est mort. Je me demande comment nous allons protéger nos médecins SOS, nos infirmières et même les patients, si cela commence à se propager maintenant et que nous n’avons ni la protection ni le traitement ».

 

Vendredi 10 avril : « Aujourd’hui, je ne me sentais pas bien et je suis allée à l’hôpital. Les rues étaient vides et aucun bus ne transportait de passagers. Une mesure du gouvernement pour contrôler le virus. C’était étrange de voir les rues vides, là où il y a habituellement une vie animée.

 

Même l’hôpital était moins bondé que d’habitude. Une mère et sa fille de 4 ans ont essayé de se couvrir le visage en utilisant leur Nikab. « Je veux nous protéger. J’ai d’autres enfants à la maison. Que Dieu me pardonne, si je suis la cause de ce virus pour ma famille. » Bien que le COVID-19 semble dominer l’esprit de chacun d’entre nous, je ne peux toujours pas imaginer comment il serait possible de ne pas venir voir un médecin. Ce n’est pas encore réel mais je sens qu’il se rapproche ».

 

Jeudi 9 avril : « Alors que je ne fais que couper les légumes pour notre dîner de famille, je suis inquiète à cause de choses très simples. Souvent, nous n’avons pas de réfrigérateur car l’électricité coûte une fortune. Cela signifie que si les marchés et les magasins ferment et que le couvre-feu empêche les agriculteurs d’approvisionner les villes comme Mogadiscio en légumes, en viande, en lait… nous savons tous ce que cela signifie dans un pays fragile comme le nôtre. Les gens ont des liens étroits avec leurs familles et leurs clans et tenteront de faire preuve de solidarité. Mais en même temps, ces clans créeront des problèmes dès que nous devrons être en rivalité pour la nourriture ».

 

Mercredi 8 avril : « La gravité de cette situation pénètre chaque jour davantage dans mon esprit. J’ai parlé à l’une de mes amies aujourd’hui. Elle est mère de onze enfants. Elle est très inquiète, bien qu’elle n’ait pas pris le virus au sérieux au début. Mais maintenant, elle comprend que nous sommes vraiment en danger. Les gens qui sont habitués à la terreur et à la guerre ont maintenant peur de mourir de faim à cause d’un verrouillage avant que le virus n’aille jusqu’à leur porte ».

Mardi 21 avril – LIBERIA

« Les familles peuvent rester unies »

 

 

 

Alors que les cas positifs se multiplient dans le monde entier, on ignore encore beaucoup de choses sur la trajectoire de la transmission du COVID-19 en Afrique. Beaucoup craignent qu’avec des niveaux de pauvreté élevés, des systèmes de santé faibles et des zones urbaines surpeuplées, le virus soit particulièrement dévastateur. D’autres espèrent qu’avec son climat plus chaud, sa population jeune et son expérience de la lutte contre les maladies infectieuses, l’Afrique pourra éviter le pire de la pandémie.

 

« Je suis toujours optimiste », déclare le Dr James D. Lewis, qui dirige la clinique SOS de Monrovia (le gouvernement du Liberia a demandé il y a quelques jours seulement à l’équipe d’être prête à prendre en charge les patients COVID-19 dans les semaines et les mois à venir).

 

« Nous étions en première ligne lors de la crise Ebola qui a paralysé le pays entre 2014 et 2016, tuant plus de 11 000 personnes en Afrique de l’Ouest, dont 4 810 au Libéria. Nous avons réussi à vaincre Ebola, donc je pense que nous pouvons encore travailler ensemble et mettre en place les mêmes mécanismes pour vaincre le virus.

 

L’élément clé du coronavirus est qu’il est presque comme une maladie invisible. Avec le virus Ebola, vous pourriez facilement diagnostiquer un patient qui viendrait vomir du sang. Le sang proviendrait de toutes les parties du corps. Le patient serait très faible, léthargique, il ne pourrait même pas marcher. Il faudrait que quelqu’un l’aide à se déplacer. Avec le coronavirus, c’est beaucoup plus difficile. On peut l’avoir et se déplacer normalement. Il se peut qu’on ne sache même pas qu’on l’a. C’est ce qui le rend un peu plus dangereux et difficile à détecter.

 

Je pense que les gens ont toujours cette notion et cette idée qu’avec une hygiène et des conditions sanitaires adéquates, ils pourront surmonter cette situation. C’est pourquoi, en gardant cela à l’esprit, je pense que nous sommes optimistes quant à la possibilité de vaincre ce virus, car tout le monde est conscient de l’importance d’une bonne hygiène et d’un assainissement adéquat.

 

L’une des leçons que nous avons tous tirées de l’Ebola est que la plupart des gens ont commencé à comprendre l’importance de l’hygiène et de l’assainissement. Je me souviens d’avoir vu des enfants de six ans seulement rappeler à leurs amis, après être allés aux toilettes, de se laver les mains, de veiller à garder les mains propres, sinon ils attraperaient le virus Ebola ».

Lundi 20 avril

Santé mentale :  » L’enfermement peut être risqué pour les familles vulnérables « 

 

Teresa Ngigi, experte en santé mentale pour SOS Villages d’Enfants et auteure dans le domaine des traumatismes de l’enfance, parle de l’impact de la crise du coronavirus sur la santé mentale des enfants placés (prise en charge de remplacement) et des familles à risque ayant besoin d’aide.

 

Dans cette crise, quels sont les défis particuliers auxquels sont confrontés les enfants et les jeunes qui vivent séparés de leur famille dans des structures de prise en charge de remplacement ?

 

Les routines de la vie quotidienne ont été perturbées, ce qui ne manquera pas d’affecter les enfants de manière significative. Les enfants ont besoin de prévisibilité, de structure et de cohérence, et les mesures visant à contenir COVID-19 ne le garantissent pas. Les enfants et les jeunes s’épanouissent dans l’interaction avec les autres, ce qui a également été réduit de manière significative.

 

La possibilité de voir physiquement leurs parents biologiques n’existe plus, ce qui crée une peur et une anxiété à leur égard.

 

La réorganisation totale de la vie est un autre facteur d’incertitude, qui ne peut qu’affecter la santé mentale des enfants et, par conséquent, leur comportement.

 

Comment relever ces défis ?

 

Il est important que les personnes qui s’occupent des enfants soient en bonne santé afin qu’elles puissent transmettre leur bien-être aux enfants. Il est important de s’adapter de manière créative en faisant le meilleur usage de la situation actuelle. Les programmes de soutien aux aidants sont importants à ce stade crucial.

 

Les enfants ont besoin de se sentir en sécurité pour pouvoir s’épanouir. Il est donc important de créer un environnement sûr et de les faire participer activement à leur propre sécurité. Les routines quotidiennes, les structures et les activités organisées servent à donner un cadre aux enfants et aux jeunes mais nous devons veiller à ne pas en faire trop. Ils ont également besoin de leurs propres temps et espace.

 

Il est important de leur donner des occasions d’entrer et de rester en contact avec leurs proches. Cela peut se faire par téléphone, Skype, vidéo, par des appels, des messages ou même par l’écriture de lettres à l’ancienne, etc. Il y a une composante thérapeutique.

 

Les enfants ont besoin de sentir qu’ils contrôlent les situations et les soignants pourraient donc les aider à comprendre ce qu’ils peuvent contrôler et ce qu’ils ne peuvent pas contrôler.

 

Les rencontres et autres formes de contact avec les familles biologiques peuvent être limitées en raison des mesures d’isolement. Pourquoi est-il important de trouver des moyens de maintenir le contact ?

 

Les enfants vivant dans des structures de protection de remplacement peuvent déjà ressentir un sentiment de séparation de leur famille. Chacun doit avoir un sentiment d’appartenance et, même s’ils sont dans le cadre d’une protection de remplacement, leurs familles biologiques jouent un rôle important dans leur sentiment d’appartenance et d’épanouissement. Le maintien des contacts renforce ce sentiment d’appartenance. Lorsqu’ils quittent le placement, c’est dans leur famille qu’ils reviennent, d’où l’importance de maintenir des liens très étroits avec leur famille biologique. Cette expérience contribue à atténuer la stigmatisation.

Vendredi 17 avril – EQUATEUR

Emilio Carrillo, directeur de programme à SOS Village d’enfants Guayaquil en Équateur évoque la situation pendant la pandémie de coronavirus.

 

Jeudi 16 avril – KENYA

La faim est plus réelle que le coronavirus dans les bidonvilles du Kenya

 

Walter Odhiambo est le directeur national de SOS Villages d’Enfants du Kenya. Au Kenya, les écoles, les magasins, les restaurants et les aéroports sont fermés depuis les premiers cas de corona il y a près de deux semaines et le pays a imposé le couvre-feu. La situation dans les bidonvilles de Nairobi est alarmante et pourrait bientôt avoir des répercussions sur le continent.

 

Comment vivez-vous actuellement la crise du corona au Kenya ?

 

Le couvre-feu et la fermeture des magasins, des hôtels, des restaurants… ne font qu’amorcer une spirale de chaos. Les gens qui vivent au jour le jour ne peuvent plus trouver de travail. En même temps, les prix des produits alimentaires augmentent parce que les agriculteurs livrent habituellement leurs marchandises pendant la nuit mais ne peuvent pas le faire à cause du couvre-feu. Nous avons déjà les premiers soulèvements dans les bidonvilles parce que les gens ne respectent pas les mesures préventives et font la plupart de leurs affaires le soir. Quelqu’un a dit hier : « Je ne vois pas le corona. Mais je peux sentir la faim. Et si je dois choisir entre le pain et le savon, je suis sûr de choisir le pain ! »

Nous ne pouvions pas faire de tests jusqu’à il y a peu de temps. Il y a plus de 2 000 cas connus actuellement. En attendant, le nombre d’infections continue d’augmenter. Si nous pouvions effectuer des tests et si nous disposions de suffisamment de personnel médical, nous pourrions peut-être réduire le nombre de cas.

 

Les conséquences économiques sont-elles un problème plus important que le virus ?

 

Ce sera une combinaison maléfique d’un effondrement simultané des systèmes de santé et économique. Cela posera d’énormes problèmes. Les mesures de prévention ne s’appliquent pas aux personnes qui ont faim. Si je n’ai pas les moyens de m’offrir de l’eau, comment puis-je appliquer l’hygiène des mains ? Lorsque je suis enfermé dans les bidonvilles, comment puis-je m’isoler et garder mes distances ? Ici, les habitants des bidonvilles sont à juste titre en colère. Parce qu’ils ont peu de chances de se protéger et, comme je l’ai dit, leur première préoccupation est la faim. Elle est réelle. Ils ne veulent pas et ne peuvent pas adhérer à des mesures préventives si nous ne les aidons pas à assurer leur survie quotidienne. Si le couvre-feu se resserre, il ne faudra pas deux semaines pour que le pays plonge dans le chaos alors que les gens descendent dans la rue pour protester. Il nous sera alors également difficile de protéger les villages d’enfants SOS. Nous avons fait des provisions et constitué des stocks. Mais que se passera-t-il si nous sommes les seuls dans la région à pouvoir encore prendre soin de nous-mêmes ? La pauvreté et le chômage montent déjà en flèche, qu’en sera-t-il dans trois mois ? Nos courbes d’infection ne font que commencer.

 

Quelles sont les solutions dont vous disposez ?

 

Nous ne devons pas laisser tomber les gens maintenant. Nous avons promis de les aider. Nous distribuons des produits alimentaires aux familles des bidonvilles et nous nous assurons qu’elles peuvent coudre des masques avec des machines à coudre et qu’elles sont payées pour cela. Nous cherchons à voir si nous pouvons aider les familles des bidonvilles à fabriquer du savon, comme revenu et protection. Nous cherchons également à savoir si nous pouvons utiliser nos écoles et nos centres de formation comme postes d’isolement supplémentaires. Nous préparons également notre clinique à Nairobi pour les cas. Avec des fonds supplémentaires, nous pouvons aider les familles à obtenir des prêts de démarrage après la crise. Personne ne peut faire face à cette crise seul. Nous devons tous travailler ensemble, les gouvernements, les organisations, les entreprises et chacun d’entre nous. Mais nous devons agir rapidement.

Jeudi 16 avril – BOSNIE-HERZEGOVINE

Senka Cimpo, psychologue au village d’enfants SOS Bosnie-Herzégovine, parle de l’importance d’exprimer ses émotions pendant les périodes troublées telles que la pandémie du Covid-19.

 

Mardi 14 avril – PEROU

La vie d’Ana pendant le confinement à Juliaca, au Pérou

 

« J’habite à Juliaca, au Pérou, j’ai 13 ans et je vis avec ma mère et mon petit frère Tomas. J’ai commencé ma 5e en mars, mais j’ai dû arrêter l’école il y a trois semaines car nous ne sommes pas autorisés à quitter la maison avant fin avril à cause du virus.

 

Pendant la journée, j’aide ma mère à préparer le petit déjeuner et à faire la lessive. Je dessine et je peins aussi, c’est ma matière préférée à l’école. Je joue avec mon petit frère à cache-cache, et avec nos chatons. Notre chatte, Nina, a eu trois bébés récemment, alors nous jouons avec eux mais ma mère nous a dit que nous devrions leur trouver un foyer quand le confinement sera terminé.

 

J’ai commencé les cours virtuels le 6 avril mais comme nous n’avons pas Internet, je dois allumer la chaîne 7 à la télévision de 14h à 14h30 en semaine. C’est l’horaire des classes de 5e et 4e. Les lundis et mardis, nous avons des cours de langue et de communication et les mercredis et jeudis, des cours de mathématiques. Nous avons des devoirs après chaque leçon. Aujourd’hui, j’ai eu ma première leçon de maths. C’est difficile car je ne suis pas douée en maths et je ne peux pas demander à n’importe qui. Ma mère n’est pas bonne non plus.

 

Je suis inquiète parce qu’il y a un touriste avec le virus à Puno, à une heure d’ici. Donc, ma mère et moi avons peur de l’attraper. Pour l’instant, elle est la seule à sortir de la maison une fois par semaine pour nous apporter de la nourriture, elle marche deux heures pour aller au marché du centre-ville et quand elle revient, elle se lave les mains.

Ce qui me manque le plus, ce sont mes amis mais comme ça, je suis avec ma famille, nous sommes en sécurité et nous passons du temps ensemble ».

Mardi 14 avril – HAITI

Découvrez l’interview de Charles Myrtil, directeur territorial de SOS Villages d’enfants Haïti, concernant les mesures prises par SOS Villages d’Enfants Haiti lors de la pandémie du Covid-19.
 

Mercredi 8 avril – GHANA

Au Ghana, les informations sur le coronavirus sont communiquées via les réseaux sociaux et la radio afin de joindre aux mieux les communautés.

Jeudi 2 avril – BOLIVIE

Pour faire face au coronavirus, chacun doit rester chez soi et doit donc trouver des activités pour que les enfants restent actifs. Le jardinage est un excellent outil de détente et de soulagement du stress, mais il présente aussi les avantages de l’exercice physique. 

Alors que la Bolivie est en quarantaine et que les cours sont suspendus, à Potosí, les enfants, les jeunes et les soignants SOS travaillent dans les vergers familiaux, récoltant des légumes frais à emporter chez eux. 

Ces projets familiaux visent à sensibiliser les enfants à l’environnement et à la nutrition, tout en leur apprenant les bases du jardinage et en leur faisant comprendre l’importance du travail en équipe, de l’engagement et de la responsabilité. 

 

Lundi 30 mars – MADAGASCAR

Face à la pandémie du COVID-19, SOS Villages d’enfants Madagascar a mis en place des groupes de travail au niveau national et local, composés d’employés de différentes fonctions. Ces groupes de travail, qui se réunissent chaque semaine, coordonneront les efforts de prévention, partageront des informations régulières et géreront les cas suspects et confirmés s’ils surviennent.

 

Pour éviter la propagation du virus :

 

– Les visites dans les villages d’enfants SOS sont totalement interdites sans l’approbation du directeur régional

– Le personnel venant de l’extérieur doit désormais télétravailler. La mise en place des connexions au travail depuis le domicile, des forfaits de téléphone et d’internet 3G pour le personnel sont augmentés. Les chauffeurs assurent la liaison entre les différents membres du personnel selon les besoins, des « laissez-passer » sont accordés pour assurer la continuité des activités de protection de l’enfance et un groupe WhatsApp est créé pour permettre au personnel de partager des informations.

 

Pour la prévention du virus :

 

– Des efforts de sensibilisation sont en cours avec des outils et du matériel obtenus via le Ministère de la Santé publique

– L’accent est mis sur la sensibilisation des mères SOS, des « tantes SOS » et du personnel pour s’assurer que les maisons des villages d’enfants SOS sont correctement nettoyées

Promotion des pratiques de lavage des mains au savon à la porte des villages d’enfants SOS et des bureaux, en portant des masques

– Constitution d’un stock de denrées alimentaires suffisant pour deux mois, de médicaments d’urgence et de matériel préventif et sanitaire

– Les mères SOS vérifient quotidiennement la température des enfants et les foyers reçoivent des kits de soutien pour renforcer les défenses immunitaires

 

Pour la sécurité :

 

– Des infirmières sont prêtes à être immédiatement disponibles en cas d’urgence

– Les budgets pour les opérations et les programmes ont été donnés jusqu’à la fin mai, même si les activités sont arrêtées, cela sert de réserve

– Malgré l’urgence de la situation, les achats sont toujours effectués conformément aux procédures sanitaires appropriées

– Des lieux de quarantaine sont désignés avec le mobilier et les ustensiles de base nécessaires, y compris une salle de bain, conformément aux protocoles mis en place par le ministère de la santé

 

 

La mise en place d’ateliers pour en apprendre davantage sur le virus !

Lundi 23 mars – PEROU

Les discussions de groupe et les ateliers sont quelques-unes des actions entreprises par l’équipe de SOS Pérou pour prévenir et réduire le risque de coronavirus dans les programmes.
 

 

Lundi 23 mars – MAROC

Un atelier de sensibilisation a été mise en place au profit des enfants du programme de renforcement de la famille à Mediouna.
 
 
 

 

Vendredi 20 mars – VIETNAM

Découvrez cette vidéo de SOS Villages d’Enfants Vietnam où les enfants chantent et dansent sur une chanson pop qui a été adaptée pour sensibiliser aux moyens de prévenir la propagation du coronavirus. Les enfants du village SOS de Go Vap se sont joints à un danseur vietnamien populaire, Quang Dang, pour partager le message sur le lavage des mains, le fait de ne pas se toucher le visage, et plus encore.

 

Jeudi 19 mars – PALESTINE

 

87 enfants du village SOS de Bethléem ont cessé d’aller à l’école le 7 mars en raison de la propagation du coronavirus. Les enfants restent à l’intérieur du village d’enfants SOS avec leurs mères SOS.

Toutes les visites ont été annulées jusqu’à nouvel ordre. Les enfants restent à la maison ou jouent au terrain de jeux du village d’enfants SOS. Leurs contacts avec le monde extérieur sont limités.

 

 

 

 

Mardi 17 mars – ITALIE

Les éducateurs et le personnel des villages SOS en Italie ont réconforté et rassuré les enfants et les adolescents. Ils ont répondu à leurs questions sur la propagation du virus et leur ont rappelé que pour prévenir la contagion, il est essentiel de suivre les instructions qu’ils ont reçues. Les enfants et les adolescents ne quittent pas les Villages sauf pour des examens médicaux urgents et obligatoires.

 

SOS Villages d’Enfants Italie mène une campagne pour réconforter les enfants et les familles sur les médias sociaux. L’idée est de partager des dessins avec le symbole de l’arc-en-ciel et la mention « tutto andrà bene » (tout ira bien).

 

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